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"Y'en a qui ont le cœur si vaste

qu'ils sont toujours en voyage."

-Jacques Brel

Les cœurs tendres

Jour 1 (3 mai 1999)

"Moi mes souliers ont beaucoup voyagé

Ils m'ont porté de l'école à la guerre

J'ai traversé sur mes souliers ferrés

Le monde et sa misère."

-Félix Leclerc

Moi mes souliers

Nous sommes arrivés à l'aéroport de Dorval à 15h00, mais le kiosque d'Air France ouvrait seulement à 16h00. Ceci fut le début de plusieurs longues attentes¼ Nous avons donc attendu aux restaurants. À 16h00 nous sommes allés faire emballer nos sacs et nous enregistrer. Un des sacs n'ayant pas de poignée n'a pas pu avoir d'étiquette pour le transfert à l'aéroport Charles de Gaulle 2. Il nous fut impossible de réserver les sièges près des sorties de secours (grandes jambes de JF) puisque l'avion était complet. Après ceci, nous avons attendu avec Danielle et François et nous avons grignoté un peu. Nous avons mangé des sandwiches sur pain baguette pour nous donner encore plus le goût de partir pour Paris!

L'embarquement se fut vers 19h30. À remarquer¼ les magnifiques couloirs nous rappelant la nature!!! Dans l'avion¼ SURPRISE nos sièges attribués (40A et 40B) étaient bel et bien les sièges près de la sortie de secours¼ Disons que nous avions assez de place pour danser un petit set carré! Nous sommes partis environ 15 minutes en retard de Montréal. Les stewards français étaient plutôt gentils. Nous avons donc soupé : salade de crevettes, poulet à la crème, riz, fromage emmenthal, eau et CHAMPAGNE!!! et des petits carrés aux pommes pour dessert. En passant, c'était le baptême de l'air pour JF¼ tout s'est bien déroulé malgré quelques gouttes de sueur et quelques incertitudes¼ Tout ça grâce à qui?

Jour 2 (4 mai 1999)

"Il disait je vais partir

Où le vent m'emportera

Ailleurs ne peut être pire

Viens je t'emmène avec moi."

-Pierre Delanoë

Si tu ne me laisses pas tomber

Dans l'avion, difficile de dormir. Petit déjeuner servi quelques heures après le dîner¼ nous n'avions pas très faim¼ Nous sommes arrivés à Paris en retard, donc le transfert prévu de 45 minutes fut écourté. Le transfert est nécessaire car les vols de l'Amérique et de l'Afrique ne partent pas du même terminal. Les gens se dirigeant à Bruxelles et à Rome passent en avant pour ne pas rater leur transfert. Nous, pour Tunis, on nous dit qu'il n'y a pas de problème et que l'avion va nous attendre. Un autobus quitte, transportant les gens assis à l'avant de l'avion¼ puisque la chance était avec nous, il nous fallut attendre le deuxième autobus. Cet autobus nous amenait à l'autre terminal (B) où nous devions prendre l'avion pour Tunis. Une fois descendus, une préposée d'Air France nous fait signe et nous fait courir jusqu'à son camion. Elle nous amène donc au Hall B. Elle nous indique où aller et on s'y rend en courant. Arrivés à la porte, on nous dit que l'embarquement vient tout juste de se terminer et même si l'on savait que nous arrivions (nous veut dire Valérie, J-F et environ 10 autres personnes), on ne pouvait nous attendre.

Disons que l'air bête de la préposée ne nous motivait pas à se préparer mentalement à attendre 7 heures pour prendre le prochain vol pour Tunis, surtout quand tu n'as pas dormi du tout durant le vol de nuit entre Montréal et Paris. Comme compensation, un dîner à Hippopotamus où nous avons mangé des côtes levées et une brochette, du brie de Meaux et du vin rosé pour Val qui n'avait pas dormi depuis environ 20 heures!!! Imaginez ce que cela a pu donner¼! Après le lunch, l'attente fut interminable¼ les sièges de CDG II sont durs comme du béton et les boutiques du duty free nous occupent pendant seulement 20 minutes.

Nous sommes finalement entrés dans l'avion qui avait environ 30 minutes de retard (il ne manquait plus que ça!). Pour souper, c'était du poisson, heureusement Val n'avait pas faim¼ Une hôtesse nous suggéra de remplir la feuille de plainte à la fin du magazine Air France ce qui fut fait très rapidement.

Arrivés vers 19h00 à Tunis (enfin!), il fait beau et assez frais. L'aéroport fait pitié à voir, on dirait que c'est un chantier de construction (effectivement, ce l'était) et il y a même des chats. Pour ajouter à notre histoire¼ il nous manquait un sac¼ Il arrivera sur le prochain avion vers 22h30 ce soir. ($%!"/" d'AIR FRANCE). Nous décidons de prendre un taxi pour aller à notre hôtel et revenir le lendemain matin pour notre sac. Nous avons nos vêtements et nos choses importantes donc notre sommeil compte en premier! Nous prenons donc un taxi, il est environ 19h00. Le chauffeur semble se moquer de nous les touristes! Nous dit qu'il ne connaît pas l'hôtel Cirta. Il faut se choquer pour qu'il comprenne! Et même là, il nous arrête à un autre hôtel¼NON!!! Il nous charge finalement 7 dinars, ce qui équivaut environ à 10$. Ce n'est pas beaucoup, mais quand le lendemain pour le même trajet ça nous coûte 3 dinars, il faut se poser des questions ou tout simplement se dire qu'on s'est fait avoir (pour ne pas le dire en d'autres mots!!!). À l'hôtel, le commis semble bizarre, nous sommes incapables d'ouvrir la porte et entrés, nous sommes déçus de la chambre, même très découragés (moustiques, toilettes inutilisable, miroir et murs fatigués). Au moins les draps sont propres (et Dieu sait que Val en demande beaucoup pour ça). On arrive même à se demander ce qu'on fait si loin de chez nous!!! On va se chercher de l'eau et la rue supposément très passante (on apprend que c'est seulement le jour) est vide et noire. BRRR¼

Bonne nuit et espérons que demain sera meilleur!!!

Jour 3 (5 mai 1999)

"Partir quelque part pour partir

Pas pour fuir

Ou changer

Ou pour s'en aller."

-Jean-Pierre Ferland

Le soleil emmène au soleil

Nous nous sommes levés vers 7h30. Disons qu'en ayant vu la propreté remarquable de la chambre et de la toilette nous nous sommes dit qu'il valait mieux ne pas prendre notre douche et même ne pas aller voir la douche! Même si après un peu de repos la chambre nous semble moins pire elle est encore assez pire. Au fond c'est seulement pour dormir. Nous avons pris le taxi à la place Barcelone pour se rendre à l'aéroport pour récupérer notre sac. Après avoir attendu 15 minutes (ça ne nous dérange presque plus maintenant) nous avons reçu notre sac. OUF!!! Nous avons déjeuné à l'aéroport. Nous avons mangé un croissant et demandé un jus d'oranges en bouteille, celui-ci nous arrivant dans un verre¼ il ne faut pas prendre de chance puisque le jus a pu facilement être dilué avec de l'eau locale qu'il faut éviter. Nous reprenons donc le taxi jusqu'à notre hôtel pour aller déposer nos choses. Le chauffeur est extrêmement gentil¼ Il souhaite le bien des touristes et ne comprend pas ceux qui en abusent. On commence donc à se réconcilier avec la Tunisie. Après avoir pris le temps de bien attacher et barrer nos choses dans la chambre (sommes-nous paranos?) nous partons pour notre première vraie promenade dans la ville de Tunis.

On se promène donc dans la place Barcelone, nous allons aussi visiter un autre hôtel puisque pour les prochaines nuits, nous allons augmenter un peu budget alloué pour se loger. Premièrement on veut avoir un peu de confort, aussi on veut bien dormir et finalement se laver. La Maison Dorée semble un endroit parfait. Nous allons même avoir une belle douche dans notre chambre. Pour environ 38$ canadien par nuit pour deux, déjeuner inclus, on ne peut pas passer à côté. Pour dîner nous allons au Prince et nous mangeons une crêpe au thon et fromage. Miam¼ Ensuite, nous marchons dans la médina où les gars regardent la belle gazelle qui va se tanner assez vite. Ca ne fait que commencer! Contents d'avoir bien lu nos guides (Le Routard et le Lonely Planet) nous ne nous sommes pas fait prendre à la clique des tapis. On nous invite à monter sur une terrasse donnant une vue superbe sur la ville et la mosquée¼ il paraît que rendu en haut on prend le thé dans un magasin de tapis où il est difficile d'y sortir sans en acheter un. Faites attention! Dans la médina, il y a de belles choses, mais nous préférons attendre pour commencer à barguigner ou à acheter puisqu'on ne veut pas traîner nos achats tout le long de notre voyage. Ce qui donne aussi une bonne excuse pour ne pas trop se faire achaler. Nous marchons ensuite sur la rue Charles de Gaulle (la rue de notre hôtel) et il y a beaucoup plus de gens que la soirée avant. Nous allons à l'épicerie, le Monoprix, où nous achetons quelques cochonneries tunisiennes (Croquidos, c'est-à-dire des sortes de crottes au fromage, mais au paprika!) . Nous nous promenons par la suite sur l'avenue Habib Bourguiba, la plus belle rue de Tunis et peut-être même de la Tunisie. Cette rue est longée par des grands arbres où le soir des centaines d'oiseaux vont se réfugier. Nous visitons aussi le centre commercial et l'office de l'artisanat où nous allons retourner à la fin de notre voyage pour acheter de beaux souvenirs de qualité et pas trop chers. Nous allons souper dans un restaurant que nos guides nous conseillaient : Le Capitole où il n'y a pas un chat!!! Nous avons une vue splendide sur l'avenue Bourguiba. Nous mangeons par contre un souper de rois. Nous mangeons pour 6$ par personne, de la chorba à l'agneau (soupe très consistante), un couscous aux merguez excellent et une petite mousse au chocolat pour dessert servi avec le thé à la menthe très sucré.

Nous retournons finalement à la chambre où nous tuons des insectes avec nos souliers quand ils sont par terre et en lançant des bas quand ils sont sur le plafond d'au moins 9 pieds.

Jour 4 (6 mai1999)

"Je partirai

Entouré de silence

Avec des chevaux blancs

Qui viendront au galop

Sur une plage dorée

Le corps nu et bronzé."

-Claude Dubois

Entouré de silence

Ce matin là, notre réveil-matin fut le bruit des tuyaux de la douche et de la toilette qui passent dans notre chambre. Nous nous sommes habillés et avons déjeuné à la pâtisserie Zem Zem où nous avons mangé de délicieux croissants au chocolat tout chaud avec du thé à la menthe. Nous sommes allés à la banque pour changer de l'argent. Il est bien important de magasiner car les taux de change diffèrent d'un endroit à l'autre. Et les banques ne sont pas toujours ouvertes¼ Au retour nous sommes allés au marché pour se trouver quelque chose pour notre lunch. Beaucoup de bruit, beaucoup de monde. De belles grosses fraises rouges ont capté notre attention, mais puisque lavées avec l'eau locale¼ dommage. Nous nous sommes contentés d'un melon au miel et des meilleures oranges au monde!!! Pauvre de nous!!!

Nous sommes alors partis avec nos bagages pour la Maison Dorée. Bye Bye Cirta! Allô douche!!! (Ca fait tellement de bien) Nous avons mangé nos fruits dans la chambre et pour accompagner ces fruits, nous avons mangé le pain que Danielle et François (qui avaient peur qu'on meure de faim) avaient caché dans une des poches de notre sac à dos bleu. Ensuite nous avons pris le taxi jusqu'au musée Bardo. Nous avons donc pu voir de magnifiques mosaïques et des statues romaines. Les gardes aimaient encore une fois regarder la gazelle. Ils se faisaient des signes d'une pièce à l'autre et d'un étage à l'autre pour ne pas rater le beau bébé sur deux pattes!!! Au retour, nous avons rencontré un tunisien qui travaille à Carthage. Il est spécialiste des termes d'Antonin et nous a donné son nom pour qu'on aille le rencontrer à Carthage¼ Nous sommes sûrement trop paranos pour ça. Par la suite, après s'être informé depuis notre arrivée pour faire un appel à frais virés et constaté que c'est impossible, nous sommes allés dans un taxiphone (local avec plein de téléphones payants) pour appeler les parents à JF. Disons qu'il ne faut pas parler longtemps pour que ça coûte cher. De retour à l'hôtel on lave du linge à la main. Avec les vêtements techniques que nous avons, ça ne prends pas beaucoup de temps pour sécher. Nous sommes ensuite allés souper chez Abib où nous avons mangé de l'agneau au petits pois, du brick et des côtelettes d'agneau. Les serveurs prennent souvent des pauses pour regarder la gazelle¼ HA! Sur le chemin du retour, on se fait aborder par une gang qui nous sert un accueil à la tunisienne. Vive les touristes!!! Nous sommes allés dans une pâtisserie pour se sucrer le bec¼ des carrés aux amandes, pistaches et caramel¼ tout simplement écœurant!!!

Il est 22h00 et on s'endort, on doit se réveiller tôt demain. Bonne nuit gazelle et gazou!

Jour 5 (7 mai 1999)

"Tout doucement je veux voyager

En te jasant d'amour et de liberté."

-Marjolaine Morin

Chat sauvage

Nous nous sommes levés en retard car le cadran (la montre) n'est pas ce qui est le plus facile à utiliser correctement. Lors du déjeuner à l'hôtel (confiture aux coins, petits gâteaux), nous avons décidé que le reste des croissants de notre déjeuner nous servirait de dîner. L'hôtel se trouvant près de la gare du sud (les villes dans le sud de la Tunisie sont reliées à Tunis par cette gare), nous y sommes allés acheter nos billets pour notre prochaine destination : Sousse. Ensuite, ce fut une autre marche vers le TGM (train de banlieue) pour visiter Carthage. Pendant cette marche, un vieillard qui dit travailler à mon hôtel (sans en préciser le nom) me demande si je veux lui payer un café. Mais moi aussi, je travaille à cet hôtel. (Plus tard, nous avons rencontré des gens qui se sont fait demander un café par le cuisinier de leur hôtel alors qu'il n'y avait pas de cuisine).

Rendus à la station, nous montons le chemin de la colline, jusqu'à un escalier difficile à trouver, jusqu'à la colline Byrsa. Cette colline nous donne une vue imprenable sur les environs. C'est beau la Tunisie! Nous avons ensuite visité le site archéologique et le musée. Il y avait très peu de touristes. Nous avons pu manger en ayant les ruines directement devant nous, et c'est impressionnant lorsqu'on pense qu'il y a 2000 ans, des gens à cet endroit faisaient la même chose que nous. Nous nous sommes dirigés vers les thermes d'Antonin, près du palais présidentiel (il y a caméras et gendarmes qui observent) et de la mer (vue imprenable). Ce fut une visite rapide des thermes, puis un taxi vers Sidi Bou Saïd C'est en marchant dans les rues de Sidi Bou que l'on admire la beauté des portes, le blanc des maisons et le bleu des grillages aux fenêtres et de la mer. Nous profitons du bon temps pour prendre un thé aux pignons au café Sidi Chaabane, et pour regarder le panorama incroyable de cet endroit (la mer!) Il est aussi intéressant de visiter les petites rues, pour découvrir d'autres portes, qui sont les emblèmes de cette ville. Nous avons goûté aux cornes de gazelle (sucré!)

Ensuite, ce fut une session de lèche-vitrines (sans vitrine) où on a eu du fun en masse en barguignant des sacoches et des statues en bois d'ébène (même si nous ne voulions pas en acheter tout de suite) La belle canadienne se fait offrir tout ce qu'elle veut à 5 TD, et parfois même gratuitement. C'est pratique, sauf qu'on ne veut pas traîner les cadeaux pendant le reste du voyage. Nous avons mangé pour souper des spaghettis aux fruits de mer (influence italienne sur la cuisine tunisienne) et brochette mixte. Le train jusqu'à Tunis et achat de pâtisseries (hum!) Le temps de préparer nos sacs pour Sousse, puis un dodo bien mérité après une journée bien remplie et appréciée.

Jour 6 (8 mai 1999)

"Je voudrais voir la mer

Et ses plages d'argent

Et ses falaises blanches

Fières dans le vent."

-Michel Rivard

Je voudrais voir la mer

Le wake-up call (on prend pas de chance) nous réveille à 5h30. On est en vacances, mais il faut en profiter de ces journées! Nous apportons notre déjeuner, et nous marchons vers la station de train. Nous sommes dans la classe confort, et il y a presque personne. Nous remarquons que le train est un moyen formidable pour observer le paysage. Arrivés à Sousse, nous remarquons à quel point il fait beau et chaud! On marche jusqu'à notre hôtel, l'hôtel de Paris, dans la médina, et on y laisse nos bagages. Puis, une belle promenade sur la rue principale (Habib Bourguiba) nous entraîne jusqu'à la plage. Quelle vue, quel soleil, quelle mer! Nous en profitons pour marcher sur la promenade, et retournons sur Bourguiba pour manger (une sorte de pizza pochette, mais aux œuf-thon et un pâté patate-œuf-thon-épices). Ça change de notre fast-food habituel! De retour à l'hôtel, nous prenons possession de notre chambre, qui est pleine de bibittes (très petites) au plafond. Selon le proprio, il s'en va le soir (on verra!). On prend un peu de repos pour ensuite visiter l'office d'Artisanat et observons les prix. Puis, c'est l'achat de pâtisseries, et dans le désordre, visite de la médina, de la rue Mohamed Ali, du bus dépôt. Nous soupons au restaurant du peuple, où nous avons mangé un macaroni au poulet épicé et un couscous à l'agneau et gourganes. Il faut dire que c'est le deuxième et dernier problème de communication que l'on a eu pendant notre voyage : JF a reçu ce qu'il a commandé car il a pointé l'assiette de quelqu'un d'autre.) Dans notre chambre, il y avait toujours des bibittes, donc nous avons du utiliser un " push-push " et fait aérer la chambre (Ils ont des insecticides très puissants : les insectes tombent comme des mouches!) Ce fut ensuite le dessert (baklava, rouleau au chocolat et pâte d'amande). Le ciel menace et nous profitons de la terrasse.

Jour 7 (9 mai 1999)

"Nous irons faire un p'tit tour

Devant la mer mon amour

Nous irons voir si les vagues

Sous le ciel clair roulent toujours."

-Charles Trenet

Nous nous sommes levés à 8h15 et nous déjeunons aux croissants et pains de la maison Dorée ! Nous décidons de prendre le taxi jusqu'au marché, qui a lieu à chaque dimanche à Sousse. Si vous voulez voir du monde, c'est là qu'il faut aller. Ça pousse, ça crie, la chaleur est accablante. Ce qui est amusant, c'est que se sont les plus petites qui poussent le plus fort. On a acheté 3 citrons et des oranges, mais c'est de voir toute cette foule, l'entendre qui en valait la peine. Nous sommes passés par la gare pour acheter les billets pour El-Jem, et nous avons dîné au Café Capuchino (shich-kebab et frites dans un pain). Ce fut ensuite la visite du ribat de Sousse, qui est un gros fort arabe du 8e siècle. La tour est quelque chose à monter et à descendre, puisque l'escalier est de la largeur d'une personne du 8e siècle. Si on rencontre, il faut faire demi-tour. Dans le fort, il y a plusieurs petites chambres avec des ouvertures qui permettent l'accès à des personnes de hauteur du 8e siècle (très basses). En revenant à l'hôtel, nous avons rencontré un couple de belges très gentils. Ils nous ont fait goûter à des nèfles, ils nous ont parlé de l'accueil et des choses à visiter. Ensuite, nous sommes allés souper à l'hôtel Mahdia (carré d'agneau, frites, carottes, artichauts, couscous). Avant de revenir à l'hôtel, nous avons fait un grand détour pour aller au Casino, que l'on a pas trouvé. Revenu à l'hôtel, ce fut le traditionnel cérémonial de la préparation au dodo : ranger les affaires, soie-dentaire et brossage des dents. Pendant l'après midi, nous avons dit pour la troisième fois que nous étions mariés. Ça a l'air de donner des idées à Valérie ! (c'est très agréable).

Jour 8 (10 mai 1999)

"Un exilé je suis

Comme voile d'Iseult (et seul)

Sur la terre étrangère (j'erre)

Je cherche mon pays."

-Félix Leclerc

Errances

Aujourd'hui fut la journée la plus éprouvante du voyage (à date)! À 5h30, nous avons eu droit à un réveil brutal : le va-vite qu'y disent? Maalaade! Nous qui voulions partir tôt pour El Jem, nous remettions cette excursion en question. C'est probablement le produit de la viande du souper de la veille. Nous nous sommes reposés, et une fois que ça allait mieux, nous sommes allés échanger nos billets de train pour celui de l'après-midi. À 3h04, départ pour El Jem, le train est plutôt lent aujourd'hui. On a certaines difficultés avec les trains car il semble y avoir plus d'arrêt que sur l'horaire. Finalement, on a visité le colisée, qui est très impressionnant. Mais à part le colisée, il n'y a pas grand chose à voir dans cette ville. Mais il en vaut le détour! Il a été agréable de se promener dans les tunnels, sous le sol, car il y faisait moins chaud (nous étions encore faibles). En route vers la station, nous avons arrêté à un café, ou le proprio nous a demandé si nous avions quelque chose à vendre (!) Il semblait vraiment intéressé par une boussole que Pascal Forget nous avait donné. Mais ce qui s'est passé ensuite fut encore plus bizarre. À la gare, des hommes semblaient rire de nous, et dans le train, Valérie s'est fait " poigner le derrière ". Les gens avaient l'air bizarre, mais certaines choses ont compensé. Le contrôleur nous a fait de beaux sourires, et un homme a couru pour nous donner des lunettes soleil tombées des poches de pantalon.

Pendant cette journée, nous avons rencontré plusieurs touristes qui, comme nous, faisaient le tour de la Tunisie. En premier lieu, ce fut un couple de jeunes anglais (accent très british), puis un allemand voyageant seul. Il faisait un peu pitié, mais il était tellement gentil! C'est agréable de rencontrer des gens d'ailleurs et de comparer nos différentes expériences dans le pays (endroit à ne pas aller et autres conseils)

Jour 9 (11 mai 1999)

"Emmenez-moi au bout de la terre

Emmenez-moi au pays des merveilles

Il me semble que la misère

Serait moins pénible au soleil."

-Charles Aznavour

Ce fut une journée plutôt relaxe. Nous avons décidé la nuit dernière de nous reposer puisque nous étions assez faibles. Pas de cadran donc, et réveil à 9h45 (ça fait changement). Tranquillement, nous nous sommes lavés, puis ce fut le tour de notre linge de subir le même sort. Ce qui est formidabla à cet hôtel, c'est que sur le toit, où notre porte de chambre donne accès, il y a une grande aire ouverte où des femmes lavent les draps et les font sécher pendant la journée. Nous pouvons, lorsqu'elles ont fini, utiliser les bassins pour laver notre linge. Nous nous sommes ensuite reposés et avons discuté avec un couple de français dont leur fils était malade (ça arrive donc pas juste à nous¼) La grande sortie de la journée fut lorsque nous avons été poster les cartes postales, et acheté d'autres timbres. Ce fut ensuite un tour au Monoprix, pour acheter des arachides pralinées et au caramel. Souper au Steak Fish et Grill (spaghetti à l'ail et penine quatre fromages. Le serveur ne nous a pas donné de monnaie lorsque nous avons payé. Il a fallu lui demander! (il n'a pas eu de tip). De retour à l'hôtel, nous avons préparé nos sacs pour le départ vers Matmata, via Gabès. Val a le rhume et fait pitié.

Jour 10 (12 mai 1999)

"Je m'en vais demain

Sans rien emporter

Je prends le chemin

De la liberté "

-Gilbert Bécaud

Je m'en vais demain

Nous voulons prendre le train à 9h11, mais celui-ci est en retard. Une fois dans le train, il est plein, et nous devons nous asseoir du côté du soleil (est). Il fait donc passablement chaud, mais ce n'est pas le pire : il y a une dizaine d'allemands qui s'en vont à Sfax et qui parlent assez fort pour que le conducteur du train les entende. Passé Sfax (après trois heures de train, (ouf!), nous discutons avec un couple de Danois qui habitent Bruxelles et qui eux aussi se dirigent vers Matmata. Arrivés à Gabès, nous nous rendons compte que le train a mis une heure de retard. Dans cette ville, on y rencontre des gens dont il est difficile de savoir leurs intentions : nous aider ou nous vendre quelque chose (produit ou service). La marche est longue et difficile. On est complètement perdus, le plan de la ville ne semble pas clair dans les guides (à moins que les choses ont changé en peu de temps). Finalement, avec beaucoup d'aide, on arrive à l'office de tourisme tunisien, qui est fermé (!) Par contre, cela ne nous empêche pas de noter l'horaire des autobus vers Matmata (affiché dehors). Finalement, on prend un taxi jusqu'à la station. C'est tellement un fouillis! Plein d'autobus, plein de monde, on ne sait plus où aller, à qui demander. Le gars responsable de laisser passer les passagers nous dit d'attendre, puis nous pointe notre autobus (mais c'est lequel ?) Finalement, les chauffeurs sont assez gentils pour bien nous guider. Mais nous, on veut aller à Ancienne Matmata, pas à Nouvelle Matmata. Alors on demande et redemande pour être bien sur que nous sommes dans le bon bus (se sont les guides qui nous disent que Ancienne Matmata est plus loin que la nouvelle). C'est lorsque l'on voit le couple de danois demander au chauffeur si le bus se rend à Ancienne Matmata que l'on se sent rassuré. C'est plus sécurisant lorsqu'on est plusieurs à avoir le même problème (et plusieurs à avoir le Lonely Planet)!

On a ensuite une heure de bus jusqu'à Matmata. Les paysages sont magnifiques, il y a de moins en moins de végétation. De la roche lunaire¼ Arrivés à Sidi Driss, on se rend compte que les danois y vont aussi (vive le Lonely Planet). L'employé à la réception nous dit le prix mais c'est 2 fois plus cher que dans les guides. Après 5 minutes de discussions, il nous dit que ça inclut le dîner (!). On visite l'hôtel. On descend donc dans le sol (c'est un hôtel fait à partir de maisons troglodytes, c'est à dire creusées sous terre.) On visite notre chambre : fourmis, mouches, papillons, scarabées. La fraîcheur attire les petites bibittes, comme les grosses (nous). On soupe avec les danois, qui nous payent le boga (genre de 7up) et nous, on leur paie le café. Nous avons mangé de la soupe, un brick à l'œuf, du couscous à l'agneau et des pâtisseries aux dattes et noix. Pendant ce souper, on a assisté à la danse traditionnelle avec musique, avec comme décors, la grande ourse au-dessus de nos têtes. Bo et Suzanne ont été d'agréable compagnie. Val s'est fait cruiser pendant que Jf allait acheter de l'eau. Quand JF est revenu, il y en a un qui est parti vite¼ On est donc retourné dans notre trou (chambre) pour dormir. Et pour la première et dernière fois, nous avons utilisé nos draps pour dormir.

Jour 11 (13 mai 1999)

"Sur un cheval blanc je t'emmènerai

Défiant le soleil et l'immensité

Dans des marais inconnus des dieux

Loin de la ville, uniquement nous deux. "

-Claude Léveillé

La légende du cheval blanc

On s'est levé par chance à 5h15 parce que la montre était réglée pour sonner en après-midi. On voulait voir le lever du soleil sur Matmata, si magnifique lorsqu'il se pointe entre les montagnes! Plus tard, nous avons pris l'autobus vers Gabès, puis nous avons attendu le bus vers Douz avec un tunisien qui correspond avec des québécois (tu connais Chantal de Québec?) Sur ce chemin, on aperçoit de magnifiques montagnes érodées, ainsi que des dromadaires. Lorsqu'on arrive à Douz, nous constatons que nous sommes très sales (l'autobus). En débarquant, on se rend compte aussi qu'il fait plus de 40 degrés. C'est alors qu'on entreprend une marche qui nous mène jusqu'à notre hôtel, où on reçoit un accueil sympathique. La chambre est bien, sauf quelques mouches et ivnis (insectes volants non identifiés). Les gens travaillant dans l'hôtel sont couchés. Avec la chaleur, on a pas le choix de se coucher nous aussi. Un peu plus tard, on en profite pour faire notre lessive et nous relaxer encore, jusqu'au souper (7h30) à La Rosa (où ça sent le spray à la rose). On y goûte doigts de fatma et poulet au cari. De retour à l'hôtel, on se dispute un match de championnat mondial intergalaxial à la vitesse (cartes). À l'hôtel, il y a personne à pars nous, un chinois et un allemand qui développent une belle complicité¼ Dans l'hôtel, on apprécie les breuvages froids et le petit parc avec les oiseaux, qui est dans une cour intérieure (toutes les chambres ont leur porte à l'extérieur).

Jour 12 (14 mai 1999)

"Je me sens vidé, fatigué, mais si près de toi

Je voudrais que ce voyage n'en finisse pas."

-Yves Duteil

Virages

Une sacrée de belle journée ! On s'est levé un peu plus tard que souhaité vu la fatigue. On a découvert comment l'heure de la journée influence la température de l'eau de la douche : le matin, l'eau est froide. Le soir, l'eau est chaude, puisque le soleil réchauffe les tuyaux, qui sont à l'extérieur.

Pendant cette journée, nous avons marché dans la ville, la palmeraie, le syndicat d'initiative (accueil sympa et bon conseils). On marche deux km jusqu'à la grande dune. C'est la porte du désert de sable. Là, il y a des attelages de chameaux, et beaucoup de touristes. Il fait très chaud, à 9h00 am ! On revient pour changer de l'argent à un hôtel et pour acheter une bouteille d'eau à 2$ (pas acheté). On imagine le prix d'une chambre ! Par contre, c'est très beau. Au retour, on se repose dans la chambre, pour finalement se réveiller après 3h de bon sommeil ! Il est 5h45 et on prend un taxi jusqu'à la grande dune, où on se fait offrir une randonné à chameau à 10tTD/h. Finalement, ce fut à 2,5TD/h (merci au syndicat d'initiative !). Les dromadaires sont fascinants : lorsqu'ils se lèvent, c'est une vraie montagne russe! Sur le dromadaire, le feeling c'est : avance, recule, avance, recule : une vraie mer (et Val qui a le mal de mer¼) En plus, son dromadaire n'était pas stable et donnait des coups de pattes sur ses pauvres petites chevilles! Sans raison, il a décidé de s'accroupir, sans aucun avertissement! Une chance que Valérie se tenait bien sinon elle aurait pris une " méchante débarque! " Elle en a été quitte pour une belle frousse et quelques ecchymoses. Ce fut une belle balade. Val a terminé la randonné à pied (c'est plus sûr!) en meneuse de dromadaire. On est revenu en taxi jusqu'au restaurant Ali Baba, où ils servent un très bon couscous. On avait pas très faim, mais très soif (4 liqueurs à deux). On a marché jusqu'à l'hôtel, où on nous a dis qu'il y avait d'autres québécois (on a fait un peu de sentage, mais on a vu personne).

Jour 13 (15 mai 1999)

"Je ne suis plus de l'équipage mais passager

Il faut bien plus que des bagages pour voyager."

-Gilles Vigneault et Pierre Calvé

Quand les bateaux s'en vont

" Pas grand chose à écrire " comme le dit Valérie, ce fut une journée assez tranquille. Nous nous sommes levés et assis en face de notre porte (sur des chaises patio). Pendant que Valérie était dans la douche, Ian, de Shawinigan, Québec, est sorti de sa chambre. Il est en voyage en Tunisie, pour faire des fouilles à Carthage. Il filait pas trop (tourista). Il était accompagné d'Ariane, de Québec, Québec, qui faisait aussi des fouilles. Malheureusement, notre idée de partir en 4x4 avec eux dans le désert était impossible, car ils partaient en chameau la nuit avec le "spécial" d'Essaada (Allah!, le pied de Dieu qui écrabouille les crétins, qu'ils nous ont dit). Nous avons dormi encore pendant l'après midi, pour aller souper à 7h, mais nous avons aussi profité du temps pour poster des cartes postales. Le souper au resto Les Palmiers fut très agréable. Nous avons mangé méchoui-varié et méchoui au mouton. Ce fut ensuite le retour à l'hôtel pour écrire des cartes postales. Ce fut là le récit d'une journée relaxante. Au restaurant, nous avons assisté à un événement télévisuel unique. Nous avons vu un reportage où Ben Ali, président de Tunisie, marchait dans les rues de Sousse, remplies de supporteurs. Durée du reportage : au moins 10 minutes, et nous sommes partis avant la fin! C'était un reportage des nouvelles (il devait pas se passer grand chose ailleurs!)

Jour 14 (16 mai 1999)

"Sortir de sa cage

Briser l'engrenage

Partir en voyage

Libre comme un nuage."

-Mouffe et Robert Charlebois

Le droit de s'en aller

Levé à 6h, puis départ vers la station de bus, mais avant, dernier adieu aux gentils préposés de l'hôtel. Sur le chemin, nous avons rencontré un habitant plutôt achalant, qui voulait savoir où on s'en allait. C'est le même qui nous avait offert un hôtel en arrivant l'autre jour. L'autobus qui nous mène à Tozeur est un autobus de ville (plus de places debout qu'assises. Quand on est parti, plein de sable est entré par les fenêtres ouvertes : c'est pire qu'une tempête de neige parce qu'au moins, la neige fond. À un moment, on est passé à travers une tempête, on était plein de sable, nos sacs aussi. On avait peur à nos appareils photo (le sable bloque les mécanismes) À Tozeur, on prend un taxi jusqu'à Warda. On entre dans la chambre pour se rendre compte que ça pue dans les toilettes (c'est pas si pire quand on est pas dedans). On se repose un peu, puis on fait un p`tit tour à pied. Tout est fermé dans la ville (ou presque) et il est 14h15! On se trouve un restaurant (resto de la République) où on mange un succulent poulet au cari et ragoût d'haricots. On retourne se reposer à la chambre jusqu'à 19h, puis souper au resto Diamanta (poulet grillé et ragoût de mouton. Petit tour à la pâtisserie pour s'acheter 2 belles gâteries (délice, et pâte d'amandes). Avant le souper, le préposé est venu poser un bouchon dans la douche, qui doit bloquer les mauvaises odeurs qui viennent de la tuyauterie. Les habitants de la ville sont très accueillants, plus qu'à Douz, et vraiment pas achalants. En marchant dans le quartier d'habitation, nous avons reçu un beau bonjour d'une jeune fille. C'est des petites choses qui sont appréciées. D'ailleurs, il fait beaucoup plus frais qu'à Douz. (on s'y sent mieux à cause de ça)

Jour 15 (17 mai 1999)

"Deux fois le tour du monde

Cent fois le tour de soi

Pour en arriver où

Pour en arriver¼ là."

-Jean-Pierre Ferland

Le monde est parallèle

Nous avons visité le quartier Ouled Ed Madouf. On se rend compte que les enfants de Tozeur ne sont pas différends d'ailleurs : " As-tu un stylo, un dinar, un chewing gum? " Ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres, mais ils doivent penser que tous les touristes sont riches. Mais d'où peut venir cette attitude chez les enfants? Par contre, c'est différent pour les adultes qui semblent apprécier les touristes. Eux, leur approche est moins directe, et plus subtile. " Je travaille à ton hôtel, tu me paies un café? " , comme il avait déjà été mentionné. En allant acheter des cartes postales, Val s'est enfargée et une dame a dit " ¼ " (en arabe). La dame, surprise elle-même de la rapidité de ses paroles a bien voulu traduire : Que Dieu te protège, tu ne tomberas pas. De retour à l'hôtel, nous avons lu le journal Le Monde, et écrit des cartes postales, pour ressortir de l'hôtel vers 3h. Quelle chaleur incroyable! C'est pire qu'à Douz! Au restaurant Diamanta, le repas fut doigts de Fatma et omelette au thon. On pouvait pas aller manger plus loin (c'était tout près de l'hôtel) car on serait tombés sans connaissance. On est retourné se reposer pour se réveiller à 8h. Puisqu'on se sentait pas bien, une bouteille de 7 up a constitué notre souper. Avant de nous coucher, on se dispute la 1ere manche du championnant mondial intergalactique de paquet voleur et de bataille (cartes).

Jour 16 (18 mai 1999)

"Aucun Boeing sur mon transit

Aucun bateau sous mon transat

Je cherche en vain la porte exacte

Je cherche en vain le mot exit."

-Serge Gainsbourg

L'anamour

Le matin, JF s'est réveillé malade. Val est donc allé déjeuner seule au rez-de-chaussé, puis elle a monté un plateau de pain. Par la suite, elle est allée poster les cartes postales, acheter le journal et appeler pour réserver pour le lézard rouge (voir Metlaoui) et la maison Dorée. Quelle expérience! Hommes qui marchent avec Val, qui arrêtent en mobylette, la regardent, l'interpellent, sifflent. Disons qu'elle a marché vite, la petite Dame! Elle était bien contente de revenir s'étendre à côté de son mari! Ensuite, on s'est reposé, puis sommes allés manger au resto Le Soleil (plat végétarien et spaghetti à l'agneau) De retour à l'hôtel, on se repose et planifions d'aller au musée en après-midi. Après avoir dormi, c'est au tour de Valérie d'être malade. Bon! On n'est pas chanceux mais on se repose (pas le choix), en espérant que ça aille mieux demain. Pour passer le temps, on joue aux cartes (bataille, trou de cul) et on lit. On s'aime et se donne des becs, que voulez-vous!

Jour 17 (19 mai 1999)

"Ce fut un grand vaisseau

Taillé dans l'or massif,

Les mâts touchant l'azur,

Sur des mers inconnues ."

-Émile Nelligan

Le vaisseau d'or

Après s'être levés et pris notre douche avec la toilette, nous sommes allés déjeuner au traditionnel pain-vanille-chocolat-pain-crouté-confiture-thé. Si vous prenez le temps de relire la phrase qui précède, je dis bien que nous avons pris la douche AVEC la toilette. Voyez vous, le rideau de douche, lorsque tiré, sépare la douche ET la toilette du reste de la toilette. Il arrive ce qu'il doit arriver : après la douche, le cabinet est mouillé!

Ensuite, nous avons marché jusqu'à Aeroasis, pour découvrir des tarifs exorbitants de 100 TD par personne pour une heure de mongolfière. Ils ne nous ont pas eu. Ensuite, ce fut une marche jusqu'à la station de bus, où nous avons acheté deux billets pour Tunis, en bus climatisé. Les gens ne faisaient pas la sieste au SNTRI, il faisait un temps nuageux, parfait pour sortir! Après, nous avons visité le musée Dar Charait, qui trace un portrait de la vie Tunisienne passée. Il a fallut payer 500 millimes pour les toilettes, qui se résumaient à un trou et deux espaces pour les pieds (ça donne l'impression de se faire f..) Il a été impossible d'aller au belvédère (trop de vent, sable). Le souper a été pris Au Petit Prince (pizza thon-capres-tomate-fromage et au froide, certainement plus chaude que le serveur!) De retour à l'hôtel, nous avons rencontré deux québécois aux pantalons convertibles (c'est bien à la mode). Ils semblaient être tannés d'être en Tunisie. La soirée fut somme toute assez tranquille. Nous commençons à regarder le Routard de Paris.

Jour 18 (20 mai 1999)

"J'aimerais tant voir Syracuse

L'île de Pâques et Kairouan

Et les grands oiseaux qui s'amusent

À glisser l'aile sous le vent."

-Bernard Dimey et Henry Salvador

Syracuse

Aujourd'hui fut une journée bien remplie. Après notre cérémonial du matin, nous avons pris le taxi jusqu'à la station de louage. Là, nous avons donné notre destination à un monsieur à l'entrée de la cour, où il y a plus de vingt autos. Il nous a dirigés vers une auto et nous a dit que c'est dans ce véhicule (un station-wagon pouvant accueillir 5 passagers) que nous nous rendrions à destination. Nous avons donc attendu que l'auto se remplisse. Nous étions un peu stressés car l'heure avançait, mais pas nous ! Finalement, 2 personnes sont arrivées et nous sommes partis. La route pour Metlaoui est montagneuse et très aride. Arrivées à Metlaoui, nous avons demandé à notre chauffeur s'il voulait bien nous reconduire à la station de train. Il le fit : nous avions embarqué le chauffeur du train ! (tout ce stress pour rien). Il était donc évident que l'on ne pouvait être en retard, puisque le train ne peut pas partir sans son conducteur !

Dans ce train, nous avons été témoins de splendides paysages et avons pris de belles photos. Une fois le trajet terminé (le train fait quelques kilomètres sur une voie, puis reprend le même chemin, mais à reculons), nous avons marché vers la station de louage, qui était beaucoup plus loin que l'on pensait. Sur le chemin, nous avons visité la station d'autobus, mais aucun n'était supposé partir dans l'heure qui suivait. Un peu désespérés par la chaleur, nous avons continué notre chemin, jusqu'à ce que l'on entende « Tozeur, Tozeur, Tozeur! ». C'était un conducteur de louage qui offrait sur la route de nous embarquer. Une fois cela fait, il a continué d'arpenter la ville, toujours en criant les mêmes mots sur son chemin. Nous avons embarqué deux autres personnes, puis nous sommes partis vers Tozeur., en divisant le prix de la personne manquante. Nous avons dîné à la République (escalope de dinde, riz à l'agneau). Une petite promenade dans la palmeraie (ça sent la prune bien mure) nous a fait découvrir deux espèces inattendues : un rat, et poursuivant le rat, un serpent! Figés, bien figés ils étaient, les Québécois! Nous avons ensuite profité de la terrasse de l'hôtel, puis sommes retournés au Petit Prince où le serveur (le même) nous a servi chorba et doigts de Fatma en entrée, suivi de crevettes géantes et de couscous royal. Comme vin, nous avons eu droit à un rosé tunisien. JF s'est roulé jusqu'à l'hôtel, Val a zigzagué (il était bon le vin !). On se prépare mentalement à la randonnée d'autobus qui nous attend.

Jour 19 (21 mai 1999)

"C'est toi qui m'a aidé à larguer les amarres

Pour aller n'importe où, pour aller jusqu'au bout

Des chemins de fortune pour cueillir en rêvant

Une rose des vents sur un rayon de lune."

-George Moustaki

Ma liberté

Ce fut décidément la journée la plus pénible, la plus longue et la plus chère. Le bus de 23h s'est avéré l'enfer sur terre. Chaleur, manque d'espace, puanteur, bruit, mauvais état des routes : tout était contre nous. Val a même eu le loisir de se faire tâter par un gars saoul. Nous qui pensions que tout irait vite et bien, on a découvert que cet autobus arrêtait dans chaque ville qui passait, toutes lumières ouvertes. Une fois rendus à Tunis (ouf!), nous avons pris un taxi jusqu'à notre hôtel (le même que lorsque nous avons quité Tunis). Nous avons tombé dans notre lit, (c'est une image), jusqu'à midi. Le dîner fut au Prince (délicieuse lasagne, pizza chèvre et champignons). Val n'a pu résister à l'appel des boutiques, et s'est acheté des sandales. Ce fut ensuite la tournée des places à souvenirs, le barguinage dans la médina. Wow! Il faut être patient, car ça peut être long, les discussions sont ardues. On a fait, de bons achats, mais on est jamais trop sûr d'avoir fait de si bonnes affaires. Voyez vous, ce qui est formidable dans le marchandage, c'est qu'on a l'impression de sortir gagnant, d'avoir poussé le marchand à nous vendre le bien au prix qu'il ne voulait pas. Mais qui dit que l'on a vraiment payé un bon prix? C'est ce qu'on pense, mais on s'est peut-être fait un peu avoir, puisque la VRAIE valeur du bien, on ne la connaît pas. La meilleure chose à faire pour avoir le bon prix, c'est d'y aller avec quelqu'un de l'endroit. Les habitants connaissent la valeur des biens.

Souper au restaurant Carcassone (spaghetti sauce tomate et riz espagnol en entrée, soupe, brochette, crème caramel). De retour à l'hôtel, une surprise désagréable nous attendait : des cafards. On en avait tué un en après-midi, mais il y en avait d'autres. Ce fut amusant d'en tuer un (ça court vite) puis de le montrer au préposé à la réception pour le persuader d'aller mettre de l'insecticide! (il nous fallait des preuves, ils en ont eus). Il a fallu que ça se dissipe un peu (ça tue aussi les grosses bibittes). On avait hâte de se coucher car la dernière nuit fut courte. Il ne reste que 2 jours, ça a passé tellement vite! C'est comme ça quand on est bien, et en bonne compagnie!

Jour 20 (22 mai 1999)

"Hier au carrefour, j'ai vu Pousse-Le-Vent,

Le gueux sans feu ni lieu buveur de continent,

Il lisait l'écriteau où sont marqués tous les pays

Et il hochait la tête disant : « le mien n'est pas écrit »."

-Félix Leclerc

Le levé s'est effectué lorsqu'à 10h, le téléphone sonna pour nous dire que le déjeuner se terminait, si on voulait laisser tomber, descendre le prendre où se le faire livre à la chambre. Nous avons opté pour la dernière option. Ce fut donc thé, croissant, petit gâteau et petit pain pour déjeuner. Ce qu'on a pas mangé, on l'a gardé pour dîner ultérieurement. Val étant malade, on a pas mangé beaucoup. Nous pensons que l'on commençait à être tannés physiquement de la bouffe, car on est de plus en plus souvent malade. On s'est reposés, puis en après-midi, nous avons calculé combien la Tunisie nous avait coûté : 735 CAD/personne. Pas cher!, avec une méchante gang de souvenirs à part ça. Nous sommes retournés à la médina, voir un des marchands où nous avions acheté nos bagues. Nous avions l'œil sur des statues en bois d'ébène, et vu notre surplus…

Souper au Capitole (couscous merguez et poulet, chorba, crème caramel et chocolat). De retour à l'hôtel, nous nous sommes reposés car on se sentait un peu malades. « Souvenir de la journée : Au resto, il y avait un petit chaton qui se promenait entre les tables en miaulant. Son meilleur tour fut de monter sur une table : l'assistance a longuement applaudi.

Jour 21 (23 mai 1999)

"Dès que le vent soufflera

Je repartira

Dès que les vents tourneront

Nous nous en allerons."

-Renaud

Dès que le vent soufflera

C'est difficile de se lever tôt en voyage! Au déjeuner, on a pris que du pain, on était donc sur de ne pas être malade! Nous avons pris le TGM vers La Marsa, dernière station. Il faisait soleil mais le vent était assez frais. On a pu profiter de ce soleil et de l'air salin sur une jolie place surélevée par rapport à la mer. Puis on est allé marcher sur le sable, tout près de vagues. En revenant vers le TGM, on arrête à une jolie pâtisserie un mille-feuille caramel et un brownie, mium! Je me laisse donc la parole, c'est à dire que je transcris intégralement le texte écrit cette date du 23 mai :

« En soirée, on prépare les bagages, les cadeaux, on pense aux derniers préparatifs et confirme le vol. Il est 7h42 pm, et on dirait que la Tunisie est déjà loin, enfin, que c'est fini. Demain, se sera surtout de l'aéroport que l'on verra du pays. On sent beaucoup d'émotions à quitter un endroit que l'on aime, un endroit où l'on se sent bien. Comme lorsqu'on part du chalet, mais que l'on sait que l'hiver passera et qu'au printemps, on y reviendra. À quand le prochain printemps en Tunisie ? Dans quelques années peut-être ? Enfin, puisqu'il nous reste encore Paris, se sera comme notre Berthierville, (halte entre Montréal et Shawinigan). On arrête pas longtemps, mais la liqueur est bonne! »

Jour 22 (24 mai 1999)

Après s'être levés à 4h30 (baille), nous avons remercié nos hôtes avons pris le taxi, jusqu'à l'aéroport. Nous avons eu de nombreux pourparlers pour nous faire rembourser le taxi, comme on le souhaitait (on a été remboursé de retour à Montréal). On a finalement enregistré nos bagages, puis passé le contrôle de police, pour découvrir une section de l'aéroport toute neuve et propre. Tout va être superbe dans cet endroit, lorsque les rénovations seront terminées. On a ensuite pris l'avion pour Paris. Ces aventures seront racontées dans un prochain épisode.