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Un peu d'histoire...
 
Une origine médiévale

En 1349, devant la terrible épidémie de peste qui ravage la région, l'autorité civile et le clergé décident d'organiser une procession exceptionnelle au cours de laquelle le corps de Sainte Waudru, patronne de la ville, est placée sur un char ("car" en patois picard). En 1380, la confrérie de "Monseigneur Saint-Georges" participe à la procession de la Trinité et met en scène un "jeu" évoquant la lutte du Saint contre le Dragon.
 La tradition dit qu’au 4e siècle de notre ère, un jeune officier de l’armée, Saint-Georges, délivra une contrée méditerranéenne d’un dragon qui terrorisait les habitants. Cette tradition se mêla à la légende locale de Gilles de Chin, lequel terrassa au 11e siècle une créature monstrueuse dans les marais de Wasmes (la véritable relique de l’animal est conservée au Musée Jean Lescarts).

La légende du Lumeçon est née.
Dès le 15e siècle, on trouve des écrits et des dessins évoquant ce combat entre Saint-Georges et un Dragon.  Le combat est resté intégré à la Procession elle-même jusqu’au début du 19e siècle, avant d’en être totalement exclu en 1819. La lutte entre Saint-Georges et le Dragon glisse alors vers la Grand’Place.

origine médiévale

La Procession: un Car d'Or au chœur d'or
 
Elle constitue le plus grand et le plus beau cortège historico-religieux de Wallonie et l'un des plus importants du pays. Elle fut réhabilitée vers 1930 par le chanoine Puissant. Parcourant les rues de la ville ancienne, elle se compose de groupes en costume du Moyen Age ou de la Renaissance, portant les reliques des saints de chacune des paroisses.

Le Car d'Or, char d'apparat datant de 1780, ferme la marche, tiré par six chevaux de trait. Il est le seul véhicule du genre encore utilisé dans nos régions. Sur le char, prennent place, autour de la châsse de Sainte Waudru, un prêtre accompagné d'enfants de chœur. Le char marque plusieurs haltes, au cour desquels l'ecclésiastique lit un miracle attribué à la Sainte.

car d'or

Le combat dit "Lumeçon"
 
 
La notoriété du combat dit "Lumeçon", manifestation unique en Belgique, a depuis longtemps franchi les limites du pays. Le « Lumeçon » évolue sans cesse, à l’instar de notre société et de la vie (en 1998, on inaugurait un nouveau dragon, la "biette" pour les Montois).

Le rituel du combat, réactualisé il y a une vingtaine d'années, a intégré des éléments modernes, tels le rôle joué par les pompiers et la police communale, tous en uniforme de la première moitié de ce siècle.

Le dimanche à 12h25, les cloches de Sainte-Waudru sonnent et le carillon du beffroi entame l'air du Doudou. La fanfare, installée sur le kiosque, à même la Grand'Place, fera de même sans discontinuer jusqu'à la fin du combat (à 13h).

Durant près de vingt minutes, selon un rituel minutieux, Saint Georges affronte le dragon. Le dragon distille dans la foule euphorique ses fameux et très attendus coups de queue. Par un mouvement circulaire, cette dernière pénètre dans la masse des spectateurs, qui se ruent sur le crin porte-bonheur, l’arrachant par poignées et s’y accrochant désespérément.

Si le dragon jouit auprès des Montois d’une popularité extraordinaire, sa défaite n’en est pas moins inéluctable. Après les coups de lance et de sabre, il faudra encore trois coups de pistolet avant que la bête ne s’effondre pour de bon. Plus que la victoire du bien contre le mal, ce jeu rituel dégage un sentiment puissant de réconciliation: celle de tous les Montois, celle de tous les êtres.

 

le combat dit Lumeçon

Les acteurs
 
Saint Georges: Cavalier vêtu d'une casaque jaune et d'un pantalon de peau blanche. Il est coiffé d'un casque de cuirassier de l'Empire. Il représente le saint qui, selon la légende dorée, aurait tué un dragon au IIIe-IVe siècle.
Saint Georges
Le Dragon (ou la "biette"): Monstre en osier recouvert de toile peinte de plusieurs couches de vert. Sa queue est constituée d'un tronc d'arbre et se termine par le crin porte-bonheur. En 1998, un nouveau dragon, plus grand, plus coriace, a remplacé l'ancien, qui a connu... et perdu 23 combats.
le dragon
Les chins-chins: Alliés naturels de saint Georges. Au nombre de 12, ces "chevaux-jupons" sont sensés évoquer d'énormes chiens.
les chins-chins
Les Diables: Alliés naturels du dragon. Au nombre de 11, ils sont vêtus d'un costume noir, au dos duquel est peinte une tête de diable.
les diables
Les hommes de feuilles: Appelés ainsi à cause de leur vêtement recouvert de véritables feuilles de lierre. Au nombre de 8, ils soutiennent la longue queue du dragon avec leur massue verte munie de picots rouges.
les hommes de feuilles
Les hommes blancs: Au nombre de 11, ils sont les porteurs du dragon tout au long du combat. A tour de rôle, l'un d'entre eux se glisse à l'intérieur du dragon pour le maintenir à bonne hauteur.
les hommes blancs

Un combat... des couleurs.
 

Un Dragon jaune "canari", Saint-Georges en casaque blanche à pois noirs, des hommes blancs... rouges : le Lumeçon ne serait plus le Lumeçon, tout simplement. Car les teintes qui colorient les costumes des acteurs sont d’une importance capitale et trouvent chacune leur sens.

On retrouve dans le combat trois grands ensembles : les couleurs célestes (le jaune), les couleurs terrestres (le vert et le rouge) et les couleurs transcendantes (le blanc et le noir).

Saint-Georges : habillé de jaune, couleur de la lumière solaire qui symbolise le signe « divin », la création ou l’origine des choses.

Le Dragon : le vert est un symbole positif, manifestant la régénération de la nature après le printemps. Cette couleur est considérée comme ce qui capte l’énergie solaire (le jaune, donc... Saint-Georges) et la transforme en énergie vitale. Mais le vert cache également un côté négatif, renvoyant à la moisissure ou à la menace. La couleur secondaire est le rouge, agressif, force vitale, colère, cruauté...

Les Diables : vêtus de noir, couleur des instincts primitifs, du désordre, du sacrilège et de l’illicite. Les Diables ne respectent rien. Sans retenue aucune, ils n'hésitent pas, par leurs cabrioles, à montrer leur arrière-train à l'Autorité. Ils symbolisent également l'enfance turbulente et impulsive.

L’inverse le samedi : Le samedi de la Trinité, lors de la répétition du combat dans la cour d'honneur de l'Hôtel de Ville, les acteurs portent un sweat-shirt d’une couleur inverse par rapport au dimanche. Saint-Georges est en bleu (l’autre couleur céleste), les Diables sont en blanc, et les Hommes Blancs en noir... Cela annonce le passage d'un monde à un autre.


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