Les Saguenéens à leur meilleur

Par Éric Emond

 

Chicoutimi - Les Saguenéens ont finalement offert une performance à la mesure des exigences de leur entraîneur.  Nettement plus efficaces en défensive, ils ont maîtrisé les Olympiques de Hull, filant vers une victoire de 4-1.

Martin Daoust n'a pas hésité lorsqu'on lui a posé la question.  Ses hommes ont de loin offert leur meilleure prestation de la campagne.

«Il faut retenir la facon dont on a joué pour gagner, mentionne-t-il.  Nous avons travaillé du début à la fin.  En défensive, nous avons été plus hermétiques et notre gardien a fait les arrêts-clés.»

La recrue Olivier Dannel (33 arrêts) a été solide devant la cage des siens et mérite sa première victoire en carrière.  Le gros et grand gardien semblait toujours couvrir tous les angles.  Bien des tirs ont atterri dans son ventre.

«Ce match fait du bien à notre esprit d'équipe.  J'étais nerveux, au début du match, mais plus ca avancait, plus je prenais confiance.  J'ai encore des choses à apprendre, mais je sais que je pourrai bien faire dans cette ligue.»

En attaque, les Sags ont été guidés par l'ailier Alex Turcotte.  Celui qui a marqué quatre fois l'année dernière a inscrit trois autres buts, ce qui porte son total à six cette saison.

«Tout le monde était concentré et enthousiaste aujourd'hui, signale le numéro 7.   Cette victoire contre Hull nous montre que nous pouvons battre n'importe qui lorsque nous jouons collectivement.»

Les Olympiques ne ressemblaient pas beaucoup à l'équipe qui a fait la pluie et le beau temps en ouverture de saison.

«Une performance comme ce soir et vendredi (défaite à Baie-Comeau) était inévitable.  Nous avons obtenu plusieurs victoires à haut pointage jusqu'ici et les gars ont pris de mauvais plis.  Nos joueurs ne se sont pas impliqués, ils n'ont pas assez travaillé.  Je pense que nous venons d'avoir une bonne lecon», a admis l'entraîneur hullois Claude Julien.

 

Le Journal de Québec, 3 Octobre 1999.


Défaite des Olympiqes de Hull

Les Sags ne donnent aucune chance

Par Rémi-Gilles Tremblay

 

Chicoutimi (RGT) - Les joueurs des Saguenéens ont droit à un congé bien mérité, aujourd'hui, et Martin Daoust a pu lui-même dormir l'esprit en paix cette nuit après que ses protégés aient eu raison, 4-1, des meneurs au classement général de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, les Olympiques de Hull.

Les hommes de Daoust n'ont laissé aucune chance à leurs visiteurs, les talonnant constamment tout au long de la rencontre, tandis qu'Alex Turcotte, le feu aux lames, s'offrait un tour du chapeau.

«Fallait pas leur laisser de place, résumait Daoust à l'issue du troisième gain seulement des Saguenéens cette saison après neuf matchs.  C'est la plus belle de nos victoires cette saison.  Ce que je retiens surtout, ajoute l'entraîneur, c'est justement la facon dont on a gagné.  Les gars ont travaillé fort du début à la fin et ils l'ont fait collectivement.  Ils ont fait exactement le contraire d'hier», continuait Daoust en faisant référence au douloureux revers des siens, 6-3, vendredi, face aux Tigres de Victoriaville.

Daoust notait également qu'on venait de battre les meneurs du circuit et que ce gain laissait présager d'autres victoires à venir.

«On sait maintenant qu'on peut vaincre une équipe de premier rang.  Sans compter qu'ils étaient complets ce soir.  On sait très bien que (Jiri) Fisher ne reviendra pas.  C'est la preuve qu'on peut aussi battre des équipes comme Rimouski et Québec», ajoute Daoust.

Dannel efficace

Olivier Dannel a gardé le filet chicoutimien pendant les soixante minutes.  Il a fait face à 34 (10-12-12) tirs des hockeyeurs hullois.  En comparaison, les Chicoutimiens ont dirigé 35 (12-8-15) tirs sur Frédérik Malette, retiré de son filet moins d'une minute avant la fin de la rencontre.

Turcotte n'a pas attendu très longtemps avant d'ouvrir son jeu, comptant le premier but des siens en tout début de rencontre, avec l'aide de Sébastien Lucier.  La riposte était rapidement servie par un joueur recrue des Olympiques, Simon Nadeau, qui comptait le seul but des siens.  Il ne s'était pas encore écoulé cinq minutes dans le match.

Il a ensuite fallu attendre la toute fin de ce premier engagement, plus précisément à 19:55, pour que Jonathan Francoeur secoue à son tour les cordages au profit des hôtes de la soirée, ce qu'il faisait avec l'aide de Roustam Bakhriddinov et Guillauve Karrer.

Le deuxième vingt a été bien davantage marqué par des coups de sifflets que par les cris de sirène, alors que cinq des troupiers hullois prenaient le chemin des cachots.   Quatre du côté chicoutimien.

En troisième, les Saguenéens ont bien profité d'une séquence de jeu à cinq contre trois, gracieuseté de pénalités mineures attribuées coup sur coup à Mario Joly (6:10) et Andrew Carver (6:17), mais ils n'ont pas réussi à déjouer la vigilance de Malette avant la dixième minute de jeu, encore une fois par un tir de Alex Turcotte, aidé par Karrer.  Les deux mêmes larrons devaient ensuite tiré profit d'un filet laissé libre en fin de match (19:43) dans une tentative ultime des Olympiques de limiter les dégâts.

Daoust était évidemment heureux de cette victoire qu'il attribue en partie à la discussion d'avant-match qu'il a eue avec ses joueurs.

«On a eu une rencontre avant le match avec les joueurs, principalement les vétérans.   On cherchait une solution à nos difficultés, une solution collective.  Il y avait aussi des ajustements à faire, notamment en défensive.  Par la suite, les gars ont respecté le plan de match comme il ne l'avait pas encore fait cette saison», analyse Daoust.

 

Le Progrès-Dimanche, 3 Octobre 1999.


«Tout le monde était tanné de perdre!»      - Alex Turcotte

Par Rémi-Gilles Tremblay

 

Chicoutimi (RGT) - À sa première saison avec les Saguenéens, Alex Turcotte avait signé quatre buts.  Hier, l'attaquant de dix-huit ans a presque égalé sa production de l'an dernier en s'offrant un tour du chapeau.  Inutile de dire qu'il était vu comme le héros de la soirée, dans le vestiaire chicoutimien.

«Je pense que toute l'équipe a bien travaillé, lance d'abord Turcotte.  J'ai profité de bonnes passes de mes coéquipiers.  C'est peut-être ce qui explique pourquoi je me suis laissé emporter.  C'est quand même la première fois que j'ai plus qu'un but.  C'est très agréable», ajoute le hockeyeur avec un large sourire.

Comme ses compagnons de jeu, Turcotte commencait à trouver le temps long en constatant le rythme auquel s'accumulaient les revers de la formation chicoutimienne.

«Tout le monde était tanné de perdre!  En jouant comme nous l'avons fait ce soir, on a montré qu'on était capable de battre n'importe qui.  En unissant nos efforts et en faisant confiance à la défensive comme on l'a fait ce soir», pousuit Turcotte, un joueur originaire de Boucherville, dans la région montréalaise.

Julien décu mais pas surpris

Entraîneur-chef des Olympiques de Hull, Claude Julien était évidemment un peu décu du revers des siens, mais il constatait également que ses protégés ne pouvaient pas soutenir toute la saison le rythme infernal qu'ils avaient adopté depuis le début du calendrier.

«On était prêt à payer le prix pour le succès qu'on a eu jusqu'à maintenant.   Nos attaquants ont produit 35 buts en quatre matchs, ca ne pouvait pas durer éternellement.  Obtenir un tel succès crée un surplus de confiance et les joueurs finissent par prendre de mauvais plis», philosophait l'entraîneur.

À l'opposé, Julien a vu de l'autre côté de la patinoire des joueurs qui avaient soif de victoire.  Plus soif encore que les siens.

«C'est simple, on a rencontré une équipe affamée, ce soir.  Ils se sont servis avant nous.  Les joueurs des Saguenéens ont travaillé plus fort que nous.   C'est normal qu'ils aient remporté la victoire», poursuit l'entraîneur des Hullois.

Julien aurait aimé voir ses joueurs démontrer plus d'intensité, particulièrement à l'attaque.

«On ne s'est pas assez impliqué offensivement.  Nos attaquants n'ont jamais réussi à mettre la main sur les retours de lancers, ce qui aurait pu faire toute la différence», ajoute Claude Julien qui avait également mis ses recrues à contribution, hier soir, comme en témoigne le but compté par Simon Nadeau.

«Les jeunes ont joué autant que les autres, ce soir.  C'est ma facon de travailler.  Tout les monde a joué ce soir et jouera pendant l'hiver.  C'est la meilleure facon qu'ils puissent apprendre et soient en mesure de faire leur part tout au long de la saison», conclut l'entraîneur.

 

Le Progrès-Dimanche, 3 Octobre 1999.


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