Défenseur des Saguenéens de Chicoutimi
Bakhriddinov a tout laissé derrière lui
Par Stéphane Bégin
Chicoutimi (SB) - Pour un jour réaliser, peut-être, un rêve de jeunesse, celui d'évoluer au hockey professionnel, le Moscovite Roustam Bakhriddinov a tout laissé derrière lui pour s'amener à... Chicoutimi.
Roustam Bakhriddinov n'avait que 17 ans lorsqu'il a quitté la ville de Moscou, en Russie, laissant derrière lui ses parents et son amie de coeur. Tout ca pour pousser une rondelle, jouer au hockey, la passion de sa vie.
Défenseur des Saguenéens de Chicoutimi depuis la saison dernière, le jeune homme dit s'être assez bien adapté au mode de vie des Québécois et en particulier celui d'une ville très francophone comme Chicoutimi.
«Ce fut difficile de partir de la maison, car je laissais les membres de ma famille et mon amie de coeur derrière moi. Mais je l'ai fait pour mon futur à moi.
«Je veux un jour évoluer au hockey dans la Ligue nationale ou la Ligue américaine. Et les chances d'y parvenir sont meilleures en Amérique, plus particulièrement dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec», mentionne Roustam Bakhriddinov.
Il a donc suivi les recommandations de son agent en s'amenant au Québec. Ses chances d'être repêché par une formation de la LNH pourraient être bonnes, surtout que le circuit Bettman comptera sur une formation supplémentaire en 1999-2000.
«Il va sans dire que la présente saison est importante pour moi en prévision de la prochaine séance de repêchage. Je veux bien faire et aider les Saguenéens à participer aux séries, afin d'être remarqué», de dire Bakhriddinov.
Le hockeyeur moscovite dit se plaire à Chicoutimi, même s'il est fort conscient que pratiquement personne ne parle le russe. Lui ne s'exprime pas en francais, mais se débrouille assez bien en anglais.
«Il m'est difficile d'aller dans les magasins seul, car les gens ne parlent pas beaucoup l'anglais. Aussi, je m'exprime pas toujours clairement en anglais et ca rend les choses plus difficiles.
«Mais sur la glace et dans le vestiaire, je n'ai pas ce problème. Il y a des joueurs et les entraîneurs qui parlent anglais. On se comprend bien», de dire le défenseur de 18 ans.
Il ajoute aussi qu'il est plus intéressant cette saison de jouer à Chicoutimi. L'an dernier, ce fut difficile. Tout le monde a connu des moments sombres. Mais cette année, selon lui, ca devrait aller mieux.
«Nous n'avons pas un dossier très intéressant depuis le début du calendrier, mais ca va se replacer. Et les Sags vont participer aux séries éliminatoires», note ce citoyen de Moscou.
S'identifiant à des défenseurs du style de Sandis Ozolinsh, de l'Avalanche du Colorado, et de Darius Kasparaitis, des Penguins de Pittsburgh, Bakhriddinov dit ne pas détester se porter à l'attaque. Les deux arrières de la LNH proviennent, comme lui, de l'ancienne URSS. Ozolinsh a vu le jour à Riga, alors que Kasparaitis est né en Lithuanie. «Je me considère comme un défenseur offensif. J'aime bien manier la rondelle, réaliser des passes et me porter à l'attaque en zone adverse. Mais je suis aussi en mesure de frapper l'adversaire. Je ne fais que mon travail de défenseur et je ne déteste pas m'impliquer physiquement», de dire l'arrière des Sags.
Moments angoissants
Au cours des dernières semaines, le Russe Roustam Bakhriddinov a vécu des moments angoissants et a même craint pour la sécurité et la santé de ses parents et de son amie de coeur.
«Il n'est pas facile de voir, selon les images présentées à la télévision, que des bombes détruisent des bâtiments dans la ville de Moscou. On ne peut pas savoir immédiatement si ces attentats terroristes ont touché les membres de notre famille.
«Mais j'ai réussi à leur parler au cours des derniers jours. Et tout va bien. Tout le monde respire un peux mieux depuis que les attentats ont cessé», de dire Roustam Bakhriddinov.
Le Quotidien, 30 Septembre 1999.