Expulsé de la rencontre

Martin Daoust joue les Joe Canale

par Stéphane Bégin

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CHICOUTIMI (SB) - Les spectateurs, peu nombreux, au match des Saguenéens de Chicoutimi, hier soir, ont pu voir un Martin Daoust en colère, une sorte de «Joe Canale» du bon vieux temps des Sags. La formation chicoutimienne de la Ligue de hockey junior majeur du Québec a encaissé un revers de 4-3 face aux Castors de Sherbrooke, de l'entraîneur Joe Canale.

La rencontre a été intéressante et surtout dominée par les visiteurs au centre Georges-Vézina de Chicoutimi.

Mais ce qui a le plus retenu l'attention des 631 amateurs (malgré un deux pour un à l'entrée), c'est l'expulsion de Martin Daoust par l'officiel Richard Forrest, celui-là même qui avait imposé deux minutes de pénalité au statisticien des Sags, Joris Côté, l'an dernier.

Avec moins de 30 secondes à faire à la rencontre, Daoust ramène ses joueurs au banc pour leur expliquer la stratégie à suivre. Ne bénéficiant plus de temps d'arrêt (il l'avait épuisé efficacement en deuxième période), Daoust a peut-être tenté le diable.

Forrest est passé près de lui pour lui signifier que c'était assez et qu'il fallait reprendre l'action. Comme cela tardait, l'officiel a décerné une pénalité aux Sags pour avoir retardé le match.

Cette punition, Daoust ne l'a pas acceptée. Il a invectivé l'officiel avant de lancer cinq bâtons, une caisse de plastic, une serviette et quoi encore sur la glace, tout ça après avoir été expulsé de la rencontre.

«En 14 ans, je n'ai jamais vu ça, a lancé Daoust avant même que les journalistes ne posent de questions. L'officiel est passé près de nous, mais il n'a rien dit. Il se devait au moins de nous aviser.

«Mais je ne peux rien dire contre les officiels, car l'équipe n'a pas les moyens de payer une amende de 1500 $ pour des critiques. Si je le pouvais, je le ferais. Je ne suis pas le seul entraîneur à se plaindre, mais on ne peut pas aller plus loin», a ajouté Martin Daoust.

En cette fin de rencontre, Daoust avoue avoir laissé sortir la frustration accumulée des dernières semaines. La situation n'est pas facile chez les Sags.

L'équipe se retrouve toujours au dernier rang du classement général et accuse six points de retard sur les Screaming Eagles du Cap-Breton pour la dernière place donnant accès aux séries éliminatoires.

«Il fallait que je fasse une sortie comme celle-là. On demande aux joueurs de se défoncer, de tout donner, mais ça doit être la même chose derrière le banc.

«Si on ne dit pas un mot, on va avoir l'air de la brebis qui s'en va à l'abattoir. Et je n'ai pas l'intention que ce soit comme ça», a mentionné Daoust.

En ce qui a trait au match, les Sags ont été chanceux de demeurer dans la rencontre du début à la fin, car les Sherbrookois ont dominé une bonne partie des soixante minutes, comme le démontre le nombre de tirs aux buts, 42-22 pour les visiteurs.

Maxim Potapov, en deuxième, Dmitri Afanassenkov, Pierre-Luc Courchesne et François Bélanger ont eu raison d'Olivier Dannel, qui a réalisé de bons arrêts.

Jonathan Francoeur, Gilbert Lefrançois et Eric Bétournay ont pour leur part déjoué Dany Sabourin.

«Notre problème, c'est que ce fut long à dégager le devant du filet. Nous avons eu de la difficulté en zone défensive. On se doit d'améliorer cet aspect du jeu», indique le pilote des Sags.

Le Quotidien, 7 Décembre 1999


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