Incapables d'acheter une victoire

Les «gros but» manque encore aux Sags

par Paul-Armand Girard

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CHICOUTIMI (PAG) - Les Saguenéens de Chicoutimi sont vraiment représentatifs d'une des grandes expressions consacrées dans le monde sportif. Nonobstant les efforts qu'ils investissent, ils sont incapables d'acheter une victoire. Ils ont de nouveau vécu cette amertume, hier soir, en s'inclinant par la marque de 4-3 devant l'Océanic de Rimouski, «une équipe bourrée de joueurs de talent», selon Martin Daoust. À ce sujet, l'entraîneur-chef des Saguenéens a parfaitement raison. Car ce sont les joueurs haut cotés de l'Océanic, tels que Brad Richards, qui a préparé trois buts des siens malgré la surveillance étroite dont il fut l'objet d'Eric Bétournay, de l'Européen Juraj Kolnik, deux buts, et Michel Périard, un but, une passe, qui ont permis à leur formation de savourer une 10e victoire en quinze matchs cette saison.

La tête baissée et scrutant la feuille de pointage, l'entraîneur-chef des Saguenéens a directement adressé en ces termes son premier commentaire d'après match. «Il faut regarder au-delà de notre série de défaites. Nous progressons sur certains aspects. Nos joueurs, pas tous, mais la majorité, ont tout donné durant cette rencontre. Leur malheur, c'est qu'ils ne sont pas en mesure d'acheter le gros but, ce but si important qui nous relancerait quand nous sommes à égalité, ou à proximité de nos rivaux au pointage.» Du même souffle, Martin Daoust a répété que le désir de l'organisation de construire sur du solide avait aussi ses dangers. L'utilisation de joueurs recrues, a-t-il dit, entraîne parfois des erreurs coûteuses. Ce fut le cas sur le troisième but de l'Océanic lorsque Olivier Spénard et Alain Chenard ont laissé Jacques Larivière fin seul avec Rémi Bergeron. Le joueur de l'Océanic a profité de l'occasion pour inscrire son premier but de la saison.

Quant au premier but des visiteurs, celui de Juraj Kolnik en période initiale, Martin Daoust a pointé directement son défenseur Guillaume Karrer. «Tant et aussi longtemps que Guillaume va s'entêter à jouer de manière téméraire, il va coûter des buts à l'équipe», a-t-il opiné.

En revanche, Martin Daoust a salué la performance de son gros attaquant Eric Bétournay, le roi des mises en jeu au cours de la soirée. Le hic, c'est que les réussites de Bétournay, sauf une exception, n'ont rien apporté de concret, défenseurs et attaquants n'ayant pas trouvé la recette pour compléter réciproquement leurs séquences de jeu.

Sébastien Lucier a aussi reçu une bonne note du «coach». Lucier a signé un but superbe en première période en déjouant le gardien Sébastien Caron d'un tir haut, en dépit de l'insistance d'un défenseur de l'Océanic. Relativement aux unités spéciales, David Girard a réalisé l'unique but de la soirée en supériorité numérique, un but qui nivelait la marque à 2-2 à la 12e minute en période médiane. Yannick Guay a fermé la marque à 4-3 à cinq minutes du sifflet final, un but chaleureusement accueilli par les 833 spectateurs rassemblés au Centre Georges-Vézina.

Les Saguenéens ont perdu le match et le défenseur Dominic Desbiens. Blessé à une cheville, Desbiens sera tenu à l'écart du jeu pour deux semaines, voire un peu plus...

Doris Labonté, l'entraîneur-chef de l'Océanic, était content de prendre les deux points additionnels au classement. «Les Saguenéens n'ont jamais abandonné. Ils ont obligé mes joueurs à offrir le meilleur d'eux-mêmes tout le long du match», a-t-il fait observer.

Le Quotidien, 23 Octobre 1999


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